vendredi 16 août 2013

Séjour à Thassos




Du 15 Juillet au 16 août     – Limenas Thassos

Nous nous sentons un peu en vacances à Thassos, les jours s’écoulent tranquillement entre les promenades, la plage, les tours de scooter … Quelquefois les soirées sont un peu bruyantes car les promeneurs et pêcheurs à la ligne sont nombreux sur le quai et … pas toujours discrets !
Le lundi 29 juillet en début d’après-midi, nous sommes hélés par un voilier qui longe la jetée du port , c’est ALGUIDAR , Jean-Claude et Armelle que nous avons rencontrés précédemment à Orei.

 Samedi 3 août
 départ pour une virée sur le continent  en compagnie de Jean-Claude et Armelle. Nous prenons un taxi puis le ferry à Plinos pour nous rendre à Kavala, grande ville située sur le continent à environ 15 milles nautiques. Arrivés là-bas,  nous nous mettons en quête d’une voiture de location mais cela s’avère ardu car, après avoir arpenté les rues du centre ville et visité  5 ou 6 loueurs, il faut se rendre à l’évidence : plus aucune voiture disponible !
Nous avons alors recours à l’office de tourisme où une gentille préposée appelle les 2 derniers loueurs plus éloignés géographiquement … Chance !  Une dernière voiture est disponible chez Hertz. Nous nous y rendons rapidement et prenons possession d’une Fiat Panda qui nous suffit amplement… Et c’est vraiment la dernière voiture !
Seul bémol, nous n’avons pas l’autorisation de franchir la frontière Bulgare avec cette voiture … Qu’importe, on verra plus tard …
La visite de Kavala  est remise à notre retour et sans plus tarder, nous prenons la route du Nord, direction les montagnes en bordure de la frontière.
Le déjeuner dans un petit bistrot à Nikiforos est fort sympathique et, après avoir payé une addition très modeste, nous repartons avec un gros melon, cadeau de la patronne.
Nous entrons ensuite dans la zone montagneuse très boisée, et à partir d’un moment, de nombreux champs avec des plantes en fleurs parsèment la campagne et attirent notre attention. C’est en en voyant les séchoirs que nous identifions les cultures de tabac.
Cette activité semble très importante dans la région . Quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à un village et, surprise, une mosquée au milieu des maisons …
Le village suivant, un peu plus important compte 3 mosquées, pas une seule église orthodoxe, nous sommes étonnés car nous sommes en Grèce…
Ano Thermes est le prochain et là, nous nous arrêtons pour y faire une visite. Ce village, sis au bord d’un petit torrent nous paraît pauvre et  tristounet, pas de doute, au vu des mosquées entourées de pierres tombales, des femmes portant le foulard, la population est musulmane. Les ruelles étroites et sinueuses, les maisons construites de bric et de broc, tout cela ne respire pas la gaieté.
Les gens par contre sont très gentils, ils nous disent que l’hiver est froid et la neige abondante, nous n’en doutons pas, à voir les importants tas de bois au pied de chaque maison.
Plus tard, nous apprendrons qu’il s’agit d’une peuplade d’origine Bulgare qui s’est convertie progressivement à l’Islam à partir du XVè siècle. Ils vivent dans des villages reculés de montagne en Thrace mais aussi dans le sud de la Bulgarie, en Macédoine et en Albanie, ce sont les « POMAKS ». Ils furent opprimés par les Bulgares mais pas par les Grecs.
Nous traversons encore plusieurs villages avec des mosquées sur la petite route qui mène à la frontière. Nos cartes routières( trop anciennes) n’indiquent pas de route faisant la liaison avec la Bulgarie mais elle existe bel et bien car nous croisons des voitures Bulgares, nous irons voir …
En attendant, nous nous dirigeons vers Thermes, un hameau qui nous semble être une petite station thermale, espérant y trouver un logement…
En effet, des thermes existent à cet endroit charmant mais sont en partie fermées, Armelle gôutera  cependant au Hammam. Nous trouvons une chambre dans un bloc récemment construit, c’est très correct et peu cher.
Le lendemain matin, nous aurons l’occasion d’échanger quelques mots avec des locaux, le patron de l’auberge pose fièrement à côté du mouton qu’il est en train de faire rôtir et la patronne nous montre son beau jardin et nous offre des tomates ... Que de gentillesse…
Un endroit où l’on aimerait rester un peu plus longtemps.

Malgré l’interdiction, nous sommes toujours décidés d’aller voir la Bulgarie. Nous reprenons donc la route étroite et sinueuse pour bientôt arriver au poste frontière de Agios Konstantinos . Hélas, un pointilleux douanier Bulgare nous refuse l’entrée car la voiture est de location et nous ne pouvons présenter les papiers nécessaires … Nous nous y attendions un peu mais sommes dépités.
Qu’à cela ne tienne, Jean-Claude émet l’idée d’aller voir vers un autre poste frontière situé beaucoup plus à l’ouest.
Pour cela, nous devons refaire une partie de la route faite la veille mais tant pis, on y va !
Quelques heures plus tard, nous nous retrouvons au poste frontière de Exochi et là, pas de problème, douaniers sympathiques et souriants … On passe !

 
La première ville Bulgare est à environ 20 kms et s’appelle GOTSE DELCHEV, c’est là que nous nous rendons. La région est une grande plaine bordée de montagnes très boisées et verdoyantes.
A l’entrée de la ville, beaucoup d’immeubles vétustes style HLM des années 50/60 avec au pied d’énormes tas de bois puis un centre ville plutôt agréable avec une rivière le traversant.
Dans les quartiers, les maisons sont vieilles et souvent en mauvais état. L’impression d’ensemble est que tout cela paraît un peu morose comparé à la Grèce… Même les vitrines des magasins sont tristounettes,  de plus il y a peu de monde dans les rues car nous sommes dimanche.
Un petit tour dans une supérette ouverte nous permet de constater que la vie est quasiment 2 fois moins chère qu’en Grèce. La monnaie est le « LEI ».
Un peu à l’écart de la ville, nous trouvons un bon hôtel et décidons d’y passer la nuit.
Un village nommé Dabnica se trouve à quelques kilomètres et aiguise notre curiosité … Il est situé dans une grande plaine agricole, sur la route circulent nombre de carrioles tirées par un petit cheval ou un âne. La grande activité ici est la culture du tabac, c’est la période de récolte et les carrioles transportent les feuilles que l’on va faire sécher ensuite.
Dans le village, l’on se croit revenu 50 ans ou plus en arrière, les rues ne sont pas goudronnées, les arrières des maisons ( vieilles et vétustes) sont de véritables capharnaüms, il y a autant de chevaux et baudets que de voitures. La mosquée y est aussi présente.
 Il est bien difficile de parler aux gens qui sont cependant très gentils, le Bulgare n’étant pas une langue que nous pratiquons … Nous avons essayé avec un petit père qui conduisait sa carriole mais ce fut difficile ! Il riait de toutes ses dents !
Après une bonne nuit, nous avons pris le chemin du retour et visité la pittoresque vieille ville close de Kavala puis ce fut le ferry pour Thassos.
Maintenant, la saison avance et en ce début Août, les touristes, en majorité de l’Europe de l’Est, se font plus nombreux. Heureusement que nous sommes loin du coin des bars de plage où, chaque soir, la musique est tonitruante !
Nous pensons quitter bientôt Thassos ( après le coup de vent que nous subissons  ce 16 août) et entamer la descente de la mer Egée vers la Crète en faisant bien sûr … des détours !


mercredi 17 juillet 2013

Remontée vers le Nord



Du 13 juin au 22 juin -  Chios marina

Bien que forcé, notre long séjour à Chios ne fut pas désagréable, la ville est sympa et ses alentours offrent de jolies promenades. A proximité de la marina, un minuscule bout de plage très abrité du meltem nous permettait de bonnes baignades dans une eau chaude et calme.
Nous avons fait la connaissance de Jean-Pierre et Monique à bord de « Eleuthera », ils se promènent dans le coin et accueillaient leurs sympathiques amis Pascal et Bernadette, nous avons passé quelques bons moments ensemble. Malheureusement, ils n’ont pu naviguer pour leur première semaine de vacances…  
Tous les jours, nous faisions un brin de causette avec Stratos, un ancien qui venait pêcher sur le quai ( et aussi un ancien marin ). Sur le chemin de la ville, nous nous arrêtions discuter avec Floradis qui a travaillé en France pendant 25 ans, chez Citroen. Il passe tranquillement sa retraite dans sa chère île de Chios, ses filles sont mariées à des Français et établies en France.

Dimanche 23 juin – Chios marina – Marmaro  - 30 milles

Ce matin, le vent a baissé d’un ton mais souffle encore à force 5 quand nous partons, direction l’île de Psara située  au Nord-Ouest de Chios. La route directe fait 40 milles mais nous savons que ce sera plus long car il va falloir tirer des bords !
Un ris est pris dans la grand-voile et en 4 bons bords rondement menés, nous sortons du canal de Chios, nous pensons avoir fait le plus difficile … Las, le vent jusque là orienté au nord/nord-ouest vire carrément à l’ouest en forcissant 25 nœuds, la mer se creuse sur la côte nord de Chios où les fonds remontent et Algieba fait des bonds. Nous n’arrivons pas à faire une route correcte et sentons que ce sera difficile de rejoindre Psara.
Nous avons dépassé Marmaro de 5 milles environ et nous décidons de faire demi-tour pour nous y abriter. Au vent arrière, sous grand-voile seule à un ris, nous filons à 7 nœuds et rejoignons rapidement  Marmaro pour nous mettre à l’abri derrière la jetée qui sert de quai.
La nuit n’est pas trop tranquille car 2 chalutiers viennent le soir au quai, ils font beaucoup de bruit …

Lundi 24 juin au mardi 25 juin – Marmaro – Skopelos ( île de Skopelos- Sporades du Nord) – 127 milles

Départ à 8H30 ce matin après le traditionnel coup de tampon au Port police. La route va être longue jusqu’aux Sporades et pour l’instant, nous avons le vent de face … bien sûr ! Nous faisons un cap plein Ouest.
Un peu de moteur et nous pouvons mettre à la voile car le vent  adonne un peu, pas suffisamment cependant pour permettre le passage nord de Psara et nous devons tirer un bord pour passer la pointe Nord de l’île.
Le vent vire Nord/Nord-Ouest ensuite et nous pouvons faire bonne route au près bon plein jusqu’au soir, croisant de nombreux cargos et porte-containers. A la tombée de la nuit, c’est Le grand calme et nous ferons le reste au moteur, la nuit de pleine lune est splendide et tranquille, pas un bateau sur  l’eau.
L’île de Skyros est laissée sur tribord et au petit matin apparaissent Peristera, Alonissos et Skopelos, les principales îles des Sporades. Nous faisons notre entrée dans le port de Skopelos en milieu de matinée alors que beaucoup de voiliers le quittent.

Mardi  25 juin au lundi 1er juillet -    Skopelos

Nous connaissons déjà Skopelos pour y être restés quelques jours en 2011. Le village blanc avec ses toits de tuile, entouré de montagnes verdoyantes est toujours aussi joli et agréable .
Il y a déjà des touristes mais sans plus.
De gros ferries entrent dans le port 4 ou 5 fois par jour et viennent faire leur manœuvre à quelques encâblures  des voiliers avant de jeter leurs énormes ancres tout près des nôtres… C’est très impressionnant et le ressac qu’ils provoquent est désagréable.
Bien que nous ayons changé de région, le meltem est très virulent cette année et nous en prenons encore une bonne « volée » la nuit du jeudi au vendredi. La houle entre dans le port et rend le mouillage très inconfortable … On en a un peu marre de ce maudit vent !!!
Et ce n’est pas fini, le week-end est très venté, les bateaux bougent beaucoup dans le port, l’amortisseur en caoutchouc que j’avais installé s’est cassé dans les violentes secousses … Bref … ça commence à bien faire !
Enfin, tout cela ne nous empêche pas de faire de jolies ballades à pied sur les contreforts  boisés dominant la baie de Skopelos. Nous trouvons que les touristes ne sont pas très nombreux cette année.

Mardi  2 juillet – Skopelos – Ormos Klima (île de Peristera) – 21 milles

Le départ est prévu en début d’après-midi alors que le vent commence à mollir et la mer à s’adoucir quelque peu. Un voilier de location monté par un équipage familial Sud-Africain s’est amarré près de nous la veille. Son capitaine est un « pépère » bourru, je lui fais remarquer que sa chaîne d’ancre doit passer par-dessus la nôtre car elle est de travers, il me répond évasivement …
Au moment de partir, nous lui expliquons qu’il doit mollir complètement sa chaîne afin de permettre le relevage de notre ancre … Il dit oui …
Evidemment, notre chaîne passe sous la sienne et il ne fait rien ! Nous avons beau lui crier de mollir, rien n’y fait et impossible de relever l’ancre tant sa chaîne est tendue …
A ce moment, un gros ferry entre dans le port, nous devons dégager car il vient faire sa manœuvre là où nous sommes… Tant bien que mal, nous regagnons notre place !
Heureusement, un de ses collègues qui a l’air plus dégourdi vient en renfort, une fois le ferry reparti, nous recommençons la manœuvre, ils mollissent bien la chaîne et nous pouvons relever et partir … Ouf !
Le vent s’établit au nord-est force 3 et nous pouvons tirer des bords entre les îles, la navigation est agréable et la mer plus douce dès que nous avons franchi la passage entre Skopelos et Alonissos.
Nous mettons le cap sur la côte nord de Peristera où nous connaissons une petite crique peu fréquentée, nous y arrivons en fin d’après-midi. Il n’y a personne, pas une ride sur une eau transparente et un fond de sable … le bonheur !
Une amarre est portée à terre et tournée autour d’un pied d’arbousier et nous voilà bien installés.
Les cigales s’en donnent à cœur joie et quelques biquettes folâtrent dans un maquis impénétrable. L’île de Peristera n’est pas habitée. Nous passerons une nuit fort calme.

Mercredi 3 juillet – Ormos Klima

L’endroit est tellement agréable et tranquille que nous décidons d’y rester la journée pour profiter de la baignade et du farniente. Cependant, en milieu d’après-midi, un voilier de location s’approche, tourne et finalement décide de venir dans « notre » crique alors qu’il y en a une autre plus loin où il n’y a personne … étrange, d’autant que la place est très restreinte … mais ce sont des Italiens, ils ne supportent pas la solitude !
Nous avons droit au long spectacle d’un amarrage théâtral, avec force gesticulations et discussions  … Finie la tranquilité !
Bon, une fois installés, ils nous foutront quand même la paix …

Jeudi 4 juillet – Ormos Klima – Koukounaries ( île de Skiathos)- 33 milles

Un nouvel épisode de vent fort est prévu pour le week-end, aussi décidons-nous de nous replier vers l’ouest en direction de l’île d’Eubée, là où le meltem commence à être moins virulent.
Pour l’instant, le vent est faible et nous pousse doucement, nous mettrons 10 heures pour parcourir 33 milles …
Arrivés sur la côte sud de l’île de Skiathos, nous faisons une incursion dans la baie de Platania, où un mouillage est mentionné dans notre guide. Malheureusement, l’endroit a été réaménagé et il n’y a plus de place pour le mouillage … Tant pis, nous rejoignons alors la baie voisine de Koukouniares que nous connaissons déjà. La zone de mouillage a une largeur restreinte car les fonds descendent rapidement et il y a pas mal de bateaux.
 Nous trouvons cependant une petite place pour la nuit.

Vendredi  5 juillet - Koukounaries – Orei ( île d’Eubée) – 22 milles

L’ancre est virée vers 8 heures, le vent souffle du nord mais nous ne le sentons pas trop dans le mouillage. Une fois franchie la pointe ouest de Skiathos, le vent grimpe allègrement à 25 nœuds puis 30 et 35, Algieba est sous grand-voile seule non arisée et fait des pointes à 9 nœuds. Les vagues sont impressionnantes, il y en a même une qui passe par-dessus le cockpit !
Nous ne nous attendions pas à cela, la météo prévoyait un force 4 … Cependant, au bout de 6 milles parcourus à toute vitesse, le vent s’estompe peu à peu et une heure plus tard, nous voilà sans vent !
Nous longeons tranquillement la côte boisée du nord d’Eubée et le petit port d’Orei est atteint en fin de matinée. L’ancre est mouillée et nous reculons au quai où un Grec nous aide pour l’amarrage.




Samedi 6 juillet mercredi 10 juillet – OREI

Ce petit village peu touristique est charmant et sympathique, une belle plage se trouve à proximité et les deux baignades quotidiennes sont très appréciées. Les vélos sont de sortie et nous pouvons nous promener dans la plaine environnante sur les nombreux chemins parmi les champs de fenouil, de melons, tomates, aubergines et autres légumes.
Nous nous fournissons d’ailleurs directement au producteur …
Dès les premiers contreforts de la montagne, ce sont des oliveraies ensuite, les pentes sont recouvertes de pins principalement, tout cela est très verdoyant.
Nous restons finalement 5 jours ici et faisons la connaissance de Jean-Claude et Armelle, Bretons des Côtes d’Armor sur Alguidar et aussi de Patrick et Marie-Françoise, sympathiques Marseillais sur Omaha.
Le samedi après-midi, qui voit-on venir s’amarrer à côté de nous ? Le pépère Sud-Africain et sa famille, gare à l’ancre ! Cette fois, il se déride un peu et nous discutons avec eux. ils repartiront avant nous donc pas de problèmes …

Jeudi 11 juillet – Orei – Loutraki (île de Skopelos) – 32 milles

C’est par un vent d’ouest très léger que nous quittons Orei en direction des Sporades. Il forcira un peu en virant Nord-est et nous marchons bien au près.
Passée la pointe sud-est de Skiathos, nous recevons le vent de face pour rejoindre Loutraki et sachant le port exigu, le moteur est mis à contribution pour arriver tôt.
En effet, nous avons rendez-vous avec Bill et Rosemary de "Curlew" , nos voisins d’hivernage en Crète. Ils redescendent de la Chalcidique pour se diriger vers le sud et ensuite la Sicile.
C
Un ponton de fortune est installé pour l’été et il reste peu de place, seulement sur le côté peu profond et nous mouillons l’ancre dans 2 mètres d’eau seulement.
Ce furent des retrouvailles sympathiques, et nous appréciâmes le bon repas concocté par Bill, le fin cuisinier ainsi que le fameux Ouzo de Plomari !

Vendredi 12 juillet – Loutraki – Limin Torosis ( Chalcidique) – 59 milles

Nous profitons des bonnes conditions météo pour remonter vers le nord. Un bon vent de nord-ouest nous permet de naviguer au près dans notre cap jusqu’en début d’après-midi, laissant place ensuite à la pétole.
Nous atteignons Porto Koufo et sa magnifique entrée de falaises rouges en fin d’après-midi … La zone principale de mouillage est exigüe, il n’y a pas de place et le vent de nord-ouest prévu la nuit ne m’incite pas à mouiller dans la partie ouest.
Nous allons donc voir 5 milles plus au nord et trouvons une mignonne petite crique nommée Limin Torosis où il n’y a personne. Nous y passerons une nuit tranquille …

Samedi 13 juillet – Limin Torosis – Limenaria (île de Thasos) – 63 milles

Au programme aujourd’hui une longue route avec en prime le passage du mont Athos qui n’est pas toujours facile pour peu que le vent de nord-est se lève.
Nous partons vers 7h sans vent puis le nord-est se fera sentir en arrivant au mont Athos, heureusement il restera très modéré mais avec vent et courant contraire, le passage du cap( 6 milles) sera très long. Ce courant se manifestera encore plusieurs milles après le cap, nous ralentissant considérablement. D’autant plus que la pompe à eau de mer toute neuve se met à fuir au-dessus de 1600 tours !
La pétole règnant, la route continue au moteur et nous atteignons Limenaria , au sud de l’île de Thassos vers 20 h. Nous choisissons l’endroit le plus protégé pour mouiller l’ancre … Certes la protection est bonne mais la proximité des tavernas de cette petite station balnéaire rend le début de nuit très bruyant. Le chanteur d’un groupe de musique traditionnelle s’époumone par instants, la sono crache ses décibels, si bien que l’on entend encore avec les boules Quiès. Malgré la fatigue, j’ai du mal à dormir … Quand va-t-il s’arrêter ? Le calme revient enfin vers 2h30.

Dimanche 14 juillet – Limenaria – Port de Thassos ( au nord de l’île) – 23 milles

La nuit a été courte mais c’est la dernière étape pour rejoindre Thassos où nous comptons rester un bon moment à l’abri des foules estivales.
La mer est plate ce matin et le vent de Nord-ouest léger. Algieba, ses ailes déployées, glisse sur l’eau à 5 nœuds alors qu’il n’y a  que 7 nœuds de vent, le soleil matinal est radieux … le bonheur !
Virement de bord à l’extrémité sud-ouest de l’île et nous remontons la côte ouest de Thassos en la longeant de très près, prenant garde aux hauts-fonds visibles à la couleur turquoise de l’eau.
Cette côte est très boisée et les villages nichés dans la montagne se succèdent.
Après avoir franchi une ultime pointe et son haut-fond sableux, la ville de Port-Thassos apparaît et à la mi-journée, nous entrons dans le grand port toujours aussi vide.
Nous n’avons que l’embarras du choix et prenons une place le long du quai opposé à la ville… Rien n’a changé ici depuis notre passage il y a 2 ans, les bornes électriques hors d’usage sont de plus en plus rouillées mais l’endroit est sûr et relativement tranquille.
Nous prévoyons de passer ici la période chargée des vacances … Trop de monde sur l’eau !

mercredi 19 juin 2013

De Ikaria à Chios en passant par Lesbos



Lundi 27 mai au Mercredi 29 mai : Ikaria

Quelle jolie île que Ikaria, contrastant étonnamment avec les îles des Cyclades. Ici, les maisons sont nichées dans la verdure, entourées de petits jardins prospères. Du haut des falaises, les perspectives sur la mer Egée sont superbes, pour l’instant elle est calme.
Le port est assez remuant et Algieba est toujours en mouvement même par temps calme …
Le mardi, c’est de nouveau une promenade en scooter qui nous emmène vers l’ouest de l’île où nous découvrons une nature sauvage, paysage de roches, de profonds ravins, de forêts de sapins 
avec un habitat très disséminé.Les routes sont extrêmement sinueuses et souvent en mauvais état, elles nous permettent cependant de visiter de petits villages isolés. Les gens sont aussi très gentils.
Un gros coup de vent de sud est encore annoncé pour le mercredi, d’ailleurs le ciel se voile en fin d’après-midi. Nous avons mis de grosses défenses car nous risquons d’être plaqués contre le quai.
 Vers 4 heures le mercredi matin, le festival commence, nous sommes réveillés par le vent qui augmente, dévalant les montagnes en hurlant. Il y a beaucoup de bruit et nous sommes secoués par un gros clapot qui réussit à entrer dans le bassin.
En début de matinée, les rafales sont à 45 nœuds et un pêcheur nous dit que le vent va encore forcir, il nous conseille de porter une amarre de l’autre côté du bassin (il faut au moins 50 mètres) et comment faire ?
La solution du pêcheur : de l’autre côté du bassin, attacher l’amarre à un pare-batts qui, poussé par le vent, l’emmènera jusqu’au bateau … Astucieux !
Le catamaran Australien qui est devant nous en fait autant mais leur pare-batts n’avance pas tandis que le nôtre s’approche de Algieba. L’Australien se jette alors à l’eau et ramène son amarre à la nage, au passage, il récupère aussi la nôtre.
Je souque ferme cette amarre à l’aide du winch, nous sommes ainsi plus écartés du quai et moins écrasés sur celui-ci lors des violentes rafales.
Le ciel est complètement voilé, c’est du sable rouge en suspension, nous en avons plein le bateau …
Cela ne se calmera qu’en fin de journée.

Jeudi 30 mai – Edvilos – Chios (île de Chios) – 47 milles

Après la tempête, c’est le petit temps, la mer est  houleuse et le vent de 3 bf de nord . Nous tirons un bon bord de près avant que le vent ne faiblisse et nous oblige à mettre le moteur en route pour un bon moment.
Puis le vent passe au sud et augmente petit à petit. Nous remettons à la voile au vent arrière et avançons bien jusqu’à la « marina » délabrée de Chios que nous connaissons bien.
Surprise, les vieux ferries qui pourrissaient là ont été enlevés, libérant totalement le long quai qui est occupé par une bonne quinzaine de voiliers de passage.
Il est vrai que cette marina est à vendre… Elle va probablement être rachetée par les Turcs.
Cependant, un Hollandais que nous avons déjà rencontré nous dit que Chios ne veut pas vendre cette marina, surtout aux Turcs !


31 mai au 3 juin – Chios

C’est avec plaisir que nous retrouvons cette ville de Chios que nous aimons beaucoup, la vie y est trépidante ( et aussi pétaradante parfois) mais c’est une ville attachante.

Mardi 4 juin – Chios – Mandraki ( île de Enousses ) – 9 milles

C’est une brève navigation dans le tout petit temps, le vent ne se manifeste qu’à proximité de Enousses . Nous nous amarrons au petit quai mal fait et mal exposé, nous devons mettre tous les gros pare-batts pour protéger Algieba . Il y a un bon clapot dans ce petit port, il se calmera le soir heureusement.
Cette île que nous connaissons déjà est charmante, nous prenons plaisir à flâner dans le village.

Mercredi  5 juin – Mandraki – Mytilene – 47 milles

Au petit matin, le vent est au sud pour 15 à 16 nds , nous partons vers 7h15 et empruntons la passe entre Chios et Enousses  où il faut faire attention car il y a des hauts-fonds repérables à la couleur de l’eau. Algieba marche bien au vent arrière.
A la sortie de la passe, le vent vient sud-Est, nous faisons un cap Nord-est, si bien que nous recevons le vent par le travers. Ce vent forcit à 25 nœuds et Algieba file 8 à 9 nœuds tout dessus vers Mytilene.
Mais les meilleures choses ont une fin et au bout de 3  heures, le vent cesse soudainement, je ne sais plus de quelle direction il vient… Nous mettons alors le Volvo en route pendant 2 heures environ puis le vent revient, de Sud-ouest cette fois, il augmente progressivement jusqu’à 16/17 nds  et nous pousse gentiment.
A l’entrée du port, j’appelle la marina à la VHF, c’est Anastasia qui me répond, ils nous attendent. Nous retrouvons avec plaisir Anastasia et Nico, l’un des marineros…

Jeudi  6 juin au Lundi 10 juin -  Mytilene


Nous avons prévu de passer quelques jours à Mytilene pour visiter quelques amis que nous avons connus lors de notre séjour hivernal de 2011-2012. Nous savions déjà que nous n’allions pas voir Mosco et Pascale partis en Belgique.
Nous avons revu avec plaisir Anastasia et ses collègues de la marina ainsi que les marineros toujours aussi sympas.
Nous avons pu passer quelques moments avec Lydia et Giorgos ainsi qu’avec Marie et Mélissa. Bien sûr, nous n’avons pas manqué de voir la copine Thula ainsi que Johanna qui tient toujours son magasin d’électronique.
Un des grands sujets de conversation est le paiement des impôts et taxes de toutes sortes que les Grecs doivent règler … Ces impôts sont fractionnés en plusieurs traites, ils appellent cela les « doses ».
Sinon, Mytilène n’a guère changé, toujours aussi vivante et agréable.
Nous serions restés un peu plus longtemps mais la météo est en train de changer en début de semaine, du mauvais temps est prévu bientôt sur Limnos où nous voulons aller. Nous décidons de profiter d’un créneau et préparons une nav de nuit avec départ mardi soir.

Mardi  11 juin – Mytilène – Marmaro (île de Chios) – 45 milles

Le mardi matin, à la lecture du bulletin météo, je déchante car le mauvais temps arrive plus vite que prévu, des vents de 40 nœuds et des orages sont prévus sur Limnos dès la nuit prochaine ! Et après, cela doit continuer …
Nous renonçons à Limnos mais ne voulons pas rester à la marina car un salon-exposition est organisé, avec beaucoup de bruit en perspective.
Nous décidons donc de partir sur le champ pour Chios où nous serons tranquilles.
Malheureusement peu de vent dans le coin et une nav en grande partie au moteur, nous trouverons du vent (de face) pas très loin de Marmaro sur la côte nord de Chios et devrons batailler dans les moutons avant de gagner la baie de Marmaro où nous trouverons une place au petit quai, il n’y a là qu’un seul bateau .
Ce petit port, situé au fond d’une vallée verdoyante est très mignon, dommage que nous ne puissions y rester mais le temps est trop incertain et la baie est complètement ouverte au nord… Cela doit remuer par meltem !

Mercredi 12 juin – Marmaro – Marina de Chios – 15 milles

Navigation sous un ciel menaçant, d’énormes nuages noirs son présents sur les montagnes, de grosses gouttes d’eau tombent par instants, nous ne traînons pour regagner la marina de Chios que nous commençons à bien connaître… Nous y attendrons là un moment propice pour sans doute traverser la mer Egée ...
Nous sommes maintenant le 18 juin, dehors le meltem fait rage … Patience, patience !